Voilà, je voulais vous faire part (au pluriel d'ailleurs, c'est un thème assez universel) d'un rêve qui me revient en mémoire (et seulement en mémoire!) de temps en temps, et que j'ai fait il y a déjà un bout de temps (il s'inscrit dans la continuité du précédent, et on constatera donc une évolution...). Je m'en souviens encore très précisément, alors que je ne l'ai jamais noté (il faut dire aussi que j'ai la désagréable habitude de le faire sur des feuilles volantes, ce qui m'a déjà valu d'en perdre quelques-uns... mais pour celui-ci je n'en ai jamais ressenti le besoin). Le voici:
Je suis dans un tout petit cimetière, du genre de ceux où j'aimerais être enterrée, avec des tombes disparates et de l'herbe bien verte tout autour, des fleurs des champs, que des couleurs douces mais vives quand même... Droit devant moi, une tombe (fermée, mais je ne considère à aucun instant si quelqu'un repose dedans, si c'est la mienne _ probable _ ou celle de quelqu'un d'autre), qui m'attire irrésistiblement; je me dirige vers elle, mais je m'aperçois tout d'un coup que je suis en fait bien plus loin que précédemment d'elle, et surtout qu'une église m'en sépare. Elle est vide, et je m'apprête à la traverser, mais je détourne la tête un bref instant et lorsque je regarde de nouveau à l'intérieur, je m'aperçois qu'une messe s'y déroule; cette église rappelle en fait un peu une salle de classe géante par les sièges, les parquets, et surtout les fenêtres à simple vitrage, encadrées de ces hideuses boiseries jaunes, à travers lesquelles je regarde; les fidèles int aussi l'air d'écoliers face à leur prêtre : ils sont de face, et lui de dos. Personne ne me voit, même en regardant dans ma direction approximativement, et de mon côté j'insiste sur le fait que je n'entends pas un mot du sermon. Comme il n'est pas question pour moi de traverser la nef de but en blanc et de perturber l'office, j'entreprends de contourner cette petite église. Mais l'herbe me paraît plus terne et ses brins plus fins qu'avant, les tombes que j'aperçois sont toutes grises, et le rêve s'achève avant que j'ai eu le temps de'apercevoir à nouveau celle qui est mon but. La sensation d'apaisement que j'avais au début du songe s'est éteinte par crans (ils sont donc trois) pour virer progressivement à une sorte de... pas vraiment d'angoisse, ni de désappointement à proprement parler, mais une sensation d'atmosphère toujours plus lourde. Ce n'est pas de la frustration, ce qui est trop ponctuel et pas assez insidieux si l'on peut dire comme çà
Quelques remarques: je sais que le symbole de tombe, la mort abordée de cette façon apparaît plutôt comme un renouveau, surtout avec ces ondes positives, et cela coïncide un peu avec l'époque, mais une idée d'ombre au tableau, d'obstacle, d'inaboutissement, et même d'inaccessibilité pure et dure.
Ce qui m'intéresse surtout, c'est le côté de l'église, et même si le fait de l'absence totale de communication entre moi et l'assemblée traduit un effet d'isolation et de déconnexion avec le monde, la dimension religieuse est très importante pour moi, je cherche encore ma place entre la culture et la religion ancestrales et le fait que je sois moi-même athée...
Merci beaucoup, pour les lumières faites sur le monde merveilleux du sommeil,et même, pour me lire...
